4 avril 2013.
Nous choisissons d'opter pour un tour privé en amoureux dans un 4X4 Land Cruiser grand confort avec chauffeur et guide francophone-cuisinier !
Toutes les compagnies proposent les mêmes prestations à des prix similaires. Ce qui fait la différence : la qualité du véhicule, la sympathie du personnel et les connaissances du guide sur l'histoire de la région, la faune et la flore.
Sur notre route, nous aurons entendu des anecdotes nous confirmant que nous avons choisi un prestataire sérieux. Un véhicule d'une compagnie concurrente est tombé en panne au moins 2 fois en 4 jours !
Nous avons entendu beaucoup d'éloges de l'agence Tupiza Tours sur les forums. Les propriétaires détiennent également l'hôtel où nous logeons. Bien pratique lorsque les deux tiennent la même adresse.
Jour 1 :
Départ du village vers 9h. Nos bagages sont dans le coffre, contrairement à ceux qui ont choisi la formule groupée (4/5 pers) plus économique car les coûts sont divisés, mais les bagages eux, sont sur le toit, bâchés et c'est la formule dortoir qui est proposée.
Après 2h30 de piste et d'ascension, notre 1ère escale nous conduit dans un petit village minier (exploitation du cuivre) de 80 habitants perché à 4.150 m. Le fait de marcher nous essoufle. Le déjeuner copieux que nous sert Jeannette, notre guide francophone mais aussi excellente cuisinière, nous fait un peu oublier ce paramètre.
Vers 16h, notre 2nde escale nous amène à traverser les ruines d'un village inca colonisé par les conquistadors espagnols au milieu du XVème siècle pour employer les villageois à l'exploitation d'une mine d'or à proximité. L'altitude est réellement pesante, nous franchissons les 4.690 m !
Nous apercevons le volcan Uturuncu qui culmine à 6.008 m.
En reprenant le véhicule qui continue son ascension, les oreilles commencent réellement à se boucher pour ma part, et je tente de goûter la feuille de coke. C'est bien 5 mns, mais il faut en mâcher une vingtaine de feuilles durant au moins 20 mns pour en ressentir les bienfaits. Avec François, nous sommes d'accord que le goût ne séduit pas forcément nos papilles. François me propose un cachet de paracétamol que j'accepte avec mon début de mal de tête.
Nous atteignons notre 1er refuge à la tombée de la nuit, vers 19h, soit près de 10h de piste en 4X4. Nous sommes à 4.050 m d'altitude. D'autres touristes sont déjà arrivés et ont intégré leur chambre (plutôt dortoir).
Pour notre part, on nous a attribué une chambre comportant au moins 6 lits ! Le luxe de se retrouver à deux et de prendre les couvertures des autres lits pour se réchauffer !
La température a chuté d'un coup, mais le thé et les petits gâteaux servis par Jeannette nous réconfortent !
Le ciel est étoilé et on aperçoit la Voie Lactée. Les chauffeurs et les guides ont leur propre loge. Nous n'aurons pas l'occasion de les visiter durant notre traversée.
Jour 2 :
Nous nous levons vers 7h30 pour prendre le petit-déjeuner. La nuit a été courte avec nos voisins israéliens qui ont fait du tapage nocturne, réveillant la petite communauté.
Le départ est donné pour tous vers 8h. Dehors, les flacs d'eau ont gelé durant la nuit. Il a fait -5 C selon la guide. Même les bouteilles d'eau laissées dans la voiture ont cristallisées !
Les lieux visités nous feront découvrir progressivement des lieux splendides : des lagunes dont les principaux occupants sont des flamants roses (3 espèces), le désert de Dali où nous prendrons le déjeuner, la Laguna Verde, le volcan Licancabur qui culmine à 5.950 m, une piscine d'eau chauffée naturellement jusqu'à 38 C située à 4.650 m d'altitude, el sól de la mañana (site de geysers exploités comme station géothermique) ayant une forte ressemblance avec Rotorua en N-Z.
Sur la route, nous apercevons bien sûr et toujours des troupeaux de lamas d'élevage. Notre guide Jeannette nous apprendra qu'en fait, il existe très peu de lamas sauvages.
Nous apprendrons également à identifier les Vicuñas, espèce protégée de la famille des lamas, qui a faillit disparaître en 2002, suite à un rude hiver. Ils sont moins poilus que leur cousins lamas, leur fourrure est uniforme, de couleur caramel.
Le dernier site visité de la journée est incontournable : il s'agit de la Laguna Colorado : nous y resterons près d'une heure à admirer et à photographier lamas, flamants roses et paysages.
Ce sera moins de 9h de piste parcourue. Cette fois-ci dans la 2nde auberge, nous serons les seuls occupants. Quel calme nous attendra ! Il fera aussi froid voire plus froid que le refuge précédent, puisque nous étions perchés à 4.350 m d'altitude.
En soirée, mon mal de crâne réapparaît avec le froid et l'altitude. Un bon dîner suivi d'un bon sommeil me mettra sur pied le lendemain.
Jour 3 :
Levée vers 7h, après le petit-déjeuner, nous quittons l'auberge à 8h20. Nous longeons une dernière fois la Laguna Colorado qui a quelques peu gelée durant la nuit.
Nous atteignons également la sortie du parc national.
Le circuit nous fera découvrir progressivement : l'arbre de Pierre, la Cordillère des Andes que nous longerons quelques kms, el Siloli Desert, partie la plus haute du désert à 4.650 m d'altitude.
Nous visiterons également 5 lagunes, situées chacune à environ 1 km d'intervalle.
La plus mémorable sera la lagune dite "puante" duquelle nous avons pu approcher les flamants roses à 2 m.
Nous déjeunerons à 4.150 m d'altitude, à côté d'un ensemble rocheux habité par des "Viscachas" : sorte de rongeur ressemblant beaucoup au lapin et possédant une queue. Peu sauvages, ils ont l'habitude d'approcher les touristes pour rechercher quelques morceaux de nourriture.
Dans l'après-midi, nous verrons un volcan fumant situé à la frontière avec le Chili. Celui-ci culmine à 5.860 m.
Nous traverserons un 1er désert de sel (le Salar de Chiguana) dont la superficie est supérieure à 3.000 Km2.
Sur notre passage, nous parcourons le village San Pablo dont l'agriculture intensive de quinoas est destinée à l'exportation européenne. Jeannette nous apprendra que cette céréale est peu consommée par les natifs et vraiment dédiée au commerce extérieur.
Nous longeons ensuite le célèbre Salar d'Uyuni, désert de sel le plus grand au monde (12.000 Km2 d'étendue de sel). La piste nous amène au village de San Pedro où une auberge bâtie intégralement de sel nous attend.
Nous y passerons la nuit où une bonne douche chaude nous attend, pour la maudique somme de 10 Bvs par personne.
Nous pourrons observer les couleurs du coucher du soleil se refléter sur le désert.
Vers 19h30, nous prenons notre dernier dîner avec Jeannette et David, notre chauffeur. Nous en profitons pour leur montrer quelques cartes postales de Nouvelle-Calédonie.
Ils seront ébahis par la diversité des paysages et la couleur de la mer.
Nous sympathisons avec un couple de Français qui achève leur tour du monde.
Jour 4 :
Réveil à 5h. Nous devons être prêt pour quitter l'auberge vers 6h et admirer le levée du jour sur le désert d'Uyuni. Et quel levée !
Nous nous dirigeons ensuite vers la Isla Incahuasi, une île de corail plantée au milieu du désert où l'on peut prendre de la hauteur et admirer le désert de sel. L'île culmine à 3.822 m. Son ascension nous couple le souffle (dans les deux sens du terme !).
L'île est colonisée par une multitude de cactus (16.000 pieds répertoriés) dont la plupart sont centenaires et atteignent 4 m de haut. Il faut compter 1 à 2 cm de croissance par an.
Après le dernier petit déjeuner copieux (Jeannette nous a concocté un gâteau), nous continuons à parcourir le Salar d'Uyuni dont nous ne voyons pas de fin à l'horizon.
Nous faisons une halte pour prendre des photos assez mémorables du Salar et après une heure de piste de sel, nous atteignons une des sorties du désert. Là, des hommes s'affairent pour extraire le sel avec des moyens très rudimentaires (tas de sel formés à la pelle et cagoule pour se proteger de l'éblouissement).
Nous nous arrêtons dans le village de Colchani pour déjeuner. Là encore, Jeannette nous étonne sur la qualité du repas.
Nous arrivons à la fin du périple. L'équipe de choc de Tupiza Tours nous amène visiter un cimetière de trains en plein air à la sortie de la ville d'Uyuni. Malgré la surface qu'occupe le site, celui-ci ne présente pas de charme, tellement les pièces ont été pillées et le sol est recouvert par endroit, de déchets formant un début de dépotoir. Dommage pour l'originalité de ce lieu sans doute chargé d'histoire.
Le 4X4 nous dépose enfin à l'hôtel que nous avons réservé avant de quitter Tupiza.
C'est avec un grand pincement au coeur que nous quittons David et Jeannette. Notre séjour a été parfait et s'est fait dans la bonne humeur contrairement à d'autres voyageurs.
En conclusion, nous aurons parcouru 1.500 kms de piste dans les Andes en 4 jours, et nous aurons pris 1.200 photos. Ce périple sera de toute évidence, l'un des séjours les plus sublimes et inoubliables en Bolivie.
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